Lieux de Mémoire / Faites connaître des lieux ignorés

   
Sujet: La PréeDate:   31-07-2007 / 18:30
    La Prée (propriété de l’association « les petits frères des pauvres »)Ancienne abbaye cistercienne – 36100 SEGRY Téléphone : 02 54 03 44 44 (Responsable Madame M. Skenderi) L’architecture : maîtrise de l’espace et organisation sociale L’abbaye de La Prée a été construite conformément aux règles architecturales cisterciennes de façon à ce que tout ce qui est nécessaire à la vie des moines soit à l’intérieur du monastère. La place de l’église orientée vers l’Est a déterminé la position de l’ensemble des constructions de l’abbaye dont le cloître constituait le centre. Les bâtiments dévolus à la vie temporelle des moines étaient regroupés à l’Est.L’aile Sud comprenait d’une part les pièces réservées à l’abbé et à ses hôtes (réfectoire et chambres) et d’autre part la cuisine, l’office et la boulangerie de l’abbaye. L’aile Ouest abritait la Dépense (caves et grenier). - L’église Démolie en 1818, l’église avait été bâtie au cours du second quart du XIIe siècle suivant le plan de la croix latine. Elle comprenait trois nefs voûtées aboutissant à un chevet droit.Il en reste trois colonnes engagées dans le pignon nord du bâtiment des dortoirs et, maintenu à son emplacement initial, l’enfeu d’un seigneur voisin, Gaucher de Passac, qui y faut enterré en en 1422. - Le cloîtreLe cloître datait du début du XIVe siècle. Il a, comme l’église, été démoli en 1818. A l’exception de sa galerie Ouest sur laquelle avait été construit l’étage supérieur au XVIIIe siècle. Cette galerie de style gothique a été restaurée en 1999 et 2000.A la fin du XIXe siècle furent réalisés certains travaux d’embellissement dans le goût de l’époque : construction d’une galerie néogothique s’appuyant sur le côté intérieur sud du bâtiment et de fenêtres de toit. La galerie qui menaçait ruines fut démolie dans les années 1970.  - L’aile EstElle regroupait les salles où se déroulait la vie temporelle communautaire :. au rez-de-chaussée la sacristie, l’armarium, la salle capitulaire, les pièces qui servaient de réfectoire et de chauffoirLa salle capitulaire de La Prée reste le seul élément architectural de l’abbaye datant du XIIe siècle.. à l’étage : l’espace du dortoir et du chartrier. Le dortoir occupait le premier étage de l’aile Est de l’abbaye. Il était desservi par deux escaliers : l’escalier de jour qui partait de la galerie du cloître et l’escalier de nuit qui permettait de gagner directement l’église pour les offices nocturnes. Le dortoir ne constituait à l’origine qu’une seule pièce dans laquelle tous les moines devaient dormir et n’avait d’autre plafond que le toit. Mais dès le XIIIe siècle des séparations en bois servirent de cellules et des chambres y furent aménagées au XVe. C’est également à cette époque qu’a été construite la charpente en carène de vaisseau renversé qui couvre toute l’aile.. Le réfectoire des moines se trouvait à l’arrière entre la salle capitulaire et le chauffoir. La pièce, dans sa configuration actuelle, est telle qu’elle a été aménagée au XIXe siècle pour devenir le billard du château. Un corridor traverse le bâtiment à la jointure des ailes est et sud permettant d’aller du cloître au jardin.  - L’aile Sud. Le chauffoirLe chauffoir était – avec la cuisine et l’infirmerie - le seul endroit du monastère où l’on pouvait faire du feu. Les moines y avaient libre accès  mais ne devaient y rester que peu de temps. Détruit dans un incendie survenu dans l’aile sud de l’abbaye au début du XVIIe siècle, il a été reconstruit au même emplacement et dans les mêmes dimensions. Au XVIIIe siècle il devint la salle capitulaire de l’abbaye et les religieux la désignaient sous le nom de « salle de compagnie ».Il a été de nouveau, en 1971, l’objet d’un incendie dans lequel ont disparu ses boiseries du XVIIIe siècle. - L’aile Sud Elle était destinée d’une part au logement de l’abbé et de ses hôtes et d’autre part à la cuisine et ses annexes.Le logement de l’abbé était constitué, au rez-de-chaussée, d’un petit réfectoire et, à l’étage, reliées par un escalier, des chambres qui lui étaient réservées ainsi qu’à ses hôtes. L’apparence actuelle de cette partie du bâtiment est, pour l’essentiel, celle qui lui a été donnée au XVIIIe siècle au moment des derniers aménagements réalisés à la fin de la période monastique. Il s’y combine cependant des éléments d’époques différentes : les voûtes de l’escalier datent de l’origine de l’abbaye, sa rampe est du XVIIIe siècle ainsi que le décor de la salle à manger, les sols en mosaïque de la fin du XIXe siècle…La salle à manger a été restaurée en 1994 grâce à l’aide du Old Broad Street Charity Trust et sert aujourd’hui de salon. Un corridor qui traverse transversalement le rez-de-chaussée de cette aile délimite la partie qui était réservée à l’abbé de la cuisine et de ses annexes (office et boulangerie).Ces pièces ont été totalement transformées depuis deux siècles ainsi que le vestibule d’entrée sur le côté ouest de l’abbaye qui a été agrandi de la travée d’angle du cloître.  - L’aile Ouest La dépense est dans une abbaye le lieu où l’on reçoit et distribue les objets en nature et où se fait le paiement des gens de service et des fournisseurs.La dépense de La Prée, qui occupe l’aile Ouest du bâtiment, n’a d’abord été qu’un long boyau étroit.Elle a été remaniée au XVIIIe siècle. Les moines ont alors aveuglé la face de l’aile ouest du cloître qu’ils ont noyée dans un mur s’appuyant au bâtiment des hôtes d’un côté et à un pignon du côté de la porte de l’église. Au dessus des voûtes du cloître et se reliant aux anciens greniers de la dépense, ils ont construit un grenier de mêmes superficie et étendue que le premier étage  de l’aile est et couvert le tout d’un toit unique. L’aile Ouest du cloître ainsi enfermée et bien couverte est devenue la cave du couvent ; elle est restée la cave du château. L’espace de l’étage de cette aile a été plusieurs fois restructuré depuis le XVIIIe siècle. Il comprend aujourd’hui une suite de pièces desservies par un large couloir et qui s’ouvrent à l’Ouest de l’abbaye.     


 

      L’histoire La Prée où les moines arrivèrent en 1128 est une des plus anciennes abbayes cisterciennes de France et l’une des premières fondées par Saint Bernard.En 1128 Saint Bernard envoie de Cîteaux en Berry, à la demande de Raoul II, une colonie de moines (dont le chef se nomme Raoul) pour établir un monastère sur ses fiefs. Les moines choisirent leur implantation loin de toute habitation (la nostalgie du désert est l’une des données de leur spiritualité) dans un site réunissant les trois éléments nécessaires à leur vie : l’eau, la terre et les  bois qu’ils appelèrent Pratea. Saint Bernard consacra lui-même l’église en 1141 et l’abbaye dédiée à la Vierge, comme tous les monastères cisterciens, fut appelée Notre Dame de La Prée.Elle devint abbaye royale en 1190. Au cours des siècles suivants, son ensemble domanial comptera plus de vingt granges et trois moulins s’étendant sur une vingtaine de communes.  La seconde partie du Moyen-âge est l’époque des deux guerres de cent ans entre la France et l’Angleterre. On trouve une trace marginale de la première guerre de Cent ans (1160-1258) dans l’histoire de La Prée avec le transfert, en 1247, des reliques de Sainte Fauste et de son bourreau Saint Evilaze jusque là déposées dans le couvent bénédictin de Brivezac (Limousin) et qu’il s’agissait de protéger des anglais. Elles furent jusqu’à la Révolution l’objet d’un pèlerinage annuel.On sait que lors la seconde guerre entre les français et les anglais à laquelle on réserve d’ailleurs ordinairement le nom de guerre de Cent ans (1337-1453) les moines de La Prée durent payer au trésor  royal un lourd impôt pour lequel ils obtinrent, contre le gage d’un de leur domaine, un prêt de 4.000 livres du seigneur Gaucher de Passac, leur voisin et ami (il sera enterré dans l’église de La Prée en 1422).Lorsque le Berry devint l’un des théâtres de la guerre, les moines de La Prée eurent à souffrir directement des dégâts et des pillages des militaires qui logèrent même leurs chevaux dans l’église, leur faisant manger l’avoine dans les bénitiers, sur les autels et les tombeaux. Les moines s’en plaignirent à Charles VII (le «  roi de Bourges ») et obtinrent de lui - par une charte de 1430 - de fortifier l’abbaye. Elle fut fermée à l’est et au nord dans un mur d’enceinte qui s’appuyait à ses extrémités aux fossés de dérivation de l’Arnon coupant au sud les voies d’accès de l’abbaye dans laquelle on entrait par des ponts-levis. La Prée, comme beaucoup d’autres abbayes, fut affaiblie dès la fin du Moyen-âge par le système de la commende. La chance voulut cependant que se succèdent pendant plus de quarante ans (1477-1519) des abbés commendataires qui se sont réellement intéressés à leur fonction et ont beaucoup contribué à l’entretien et à l’embellissement de l’abbaye : Bertrand d’Aulx 1477-1507 (qui fit lambrisser de boiseries les murs de l’église), Yves Compaing 1507-1515 et le Cardinal de Prie 1515-1519. Ce dernier, qui s’inscrit parmi les princes de l’Eglise comme Evêque de Bayeux puis de Limoges, fut également chargé de missions diplomatiques par le pape Jules II.  Avec le Concordat de Bologne (1516-1517) François Ier obtint la généralisation au bénéfice de la monarchie du pouvoir de désigner des commendataires, le Saint Siège se contentant désormais d’entériner formellement le choix du souverain. Le processus se développa alors dans toute sa perniciosité au bénéfice des abbés « commendataires » - courtisans, favoris ou fonctionnaires qui se contentèrent dans la plupart des cas de ramasser les revenus des biens ecclésiastiques dont ils avaient la charge sans s’intéresser réellement à leur fonctionnement et sans s’occuper de leur gestion (qu’ils confiaient à un intendant car eux-mêmes résidaient habituellement à Paris). Souvent, ils ne laissaient pas aux moines des moyens de vie décents. A La Prée où la commende eut les mêmes effets néfastes que dans toutes les abbayes où elle s’appliquait (démoralisation, démotivation, relâchement des moines…) il faut cependant distinguer le nom de Louis de Bessey (1548-1560) qui devint par la suite Abbé général de Cîteaux.  Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, pendant les guerres de religion, au temps d’Henri III (8e guerre), La Prée dont l’abbé a choisi – avec le seigneur de Mareuil - le côté des Ligueurs est cernée (2 août 1589) par les troupes du gouverneur d’Issoudun (Modéré). La garnison de Ligueurs transforme l’abbaye en place forte derrière son mur d’enceinte. Des renforts de Bourges arrivent aux assiégés. Les Modérés se retirent à un quart de lieue de La Prée sur une croupe dominant l’Arnon que l’on appelle depuis Bois de Bataille. Le combat tourne au désavantage des Modérés qui comptent de nombreux blessés. L’échec est cuisant. Il assurera une paix définitive aux moines de La Prée qui ne seront plus jamais attaqués (même plus tard pendant la Fronde). La Prée jouit au XVIIe siècle d’une relative tranquillité et en dépit d’un incendie (1640), connut un véritable redressement. Le problème essentiel pour toutes les abbayes resta jusqu’à la fin de l’Ancien régime celui de la position des abbés commendataires. Une formule intelligente fut adoptée à La Prée en 1673 par un acte qui décida que les revenus de l’abbaye seraient répartis en trois lots égaux : pour l’entretien des moines, pour l’abbé et pour les charges monastiques. Les frictions ne s’apaisèrent toutefois pas totalement car la part destinée à couvrir les charges monastiques restait gérée par l’abbé et ce fut l’objet de nouvelles contestations.Il fallut attendre 1750 pour que les parties signent un arrangement au terme duquel l’abbé abandonnait le « tiers lot » aux moines. A charge à ceux-ci de s’occuper directement de l’entretien de l’abbaye tandis que leur abbé vivrait (à distance) de ses revenus. Ultime étape, en 1764, il fut décidé que les moines disposeraient de tous les biens de l’abbaye se contenteraient de verser une rente annuelle à leur abbé. Le montant de cette rente sera d’ailleurs augmenté à deux reprises jusqu’à la Révolution. Ces différentes transactions eurent pour effet de redonner aux moines goût à l’administration temporelle de leur abbaye. Le rôle des prieurs, qui prenaient la place des abbés absents à la tête des monastères, fut souvent très important. Ceux qui se succédèrent à La Prée firent beaucoup pour la nouvelle prospérité que connut l’abbaye à la fin de l’Ancien Régime et on retiendra le nom de l’«énergique et entreprenant » dom Bourgoin (mort en 1772). La Prée, comme la plupart des autres abbayes cisterciennes du Berry fit au XVIIIe siècle l’objet de rénovations importantes. C’est ce que l’on appela, rétrospectivement après la Révolution, « la toilette des morts ». Les travaux réalisés par un entrepreneur de Bourges, nommé Fricalet, traduisent la volonté de mettre les bâtiments au goût du jour et la recherche de confort : on rehausse les bâtiments, modifie les façades, arrange les cellules, transforme le logement destiné à l’abbé, les murs sont lambrissés, on installe des cheminées de marbre, construit un escalier monumental avec une rampe de fer forgé …Le jardin est aménagé en quatre terrasses murées auxquelles s’ajoute un immense verger.Quant à la vie religieuse, elle ne cessa de se dégrader dans les monastères au cours du XVIIIe siècle. On évalue, en moyenne, pour le Berry, leurs effectifs à 3,7 et l’âge des moines à 50 ans. La Prée pourtant résiste mieux que la plupart des autres abbayes. On y compte en effet une moyenne d’une dizaine de moines tout au long du siècle. C’est d’ailleurs ici que, pour lutter contre le dépeuplement des monastères, est créé en 1769 un noviciat destiné au recrutement des moines de l’ensemble des abbayes cisterciennes du Berry.  Fin 1789, les biens du clergé sont mis à la disposition de la Nation ; février 1790, les ordres religieux sont supprimés ; des inventaires sont faits dans toutes les abbayes… 415 sur les 422 abbayes cisterciennes qui existent en France vont être vendues comme biens nationaux. Le 5 mai 1791, l’abbaye de La Prée est adjugée avec ses dépendances à un marchand de biens, le citoyen François Dusauzais. Dès les décrets de la Constituante interdisant les vœux dans les institutions religieuses, les novices avaient disparu. Ils restaient neuf moines qui avaient le choix d’abandonner l’état de religieux, de prendre la charge d’une paroisse ou, pour les plus âgés, de retourner dans leur famille (avec une pension). Quant à l’abbé commendataire, Radix, membre du Parlement de Paris, il fut guillotiné en 1794. 


 

 Deux ans après qu’elle ait été achetée comme bien national par le « citoyen » Dusauzais La Prée fut revendue à un « bourgeois de Paris », François Cagniard dont elle garde la marque en creux puisque c’est lui qui fit démolir, en 1818, l’église et le cloître. La démolition de l’église et du cloître a presque totalement effacé l’apparence d’abbaye que les derniers moines s’étaient déjà appliqués à atténuer. On ne parlera plus pendant un siècle et demi que du « château de La Prée ».Monsieur Cagniard avait la passion des abeilles. Il fit bâtir un rucher « de pierre » (qui fut transformé après lui en maison). Il en avait choisi soigneusement l’emplacement et l’orientation. Il y allait tous les jours et se livrait à de savantes observations dont il consigna les résultats dans trois ouvrages publiés entre 1815 et 1822 : Ruche et rucher de La Prée, Traité succinct sur les abeilles, Ecole pratique de La Prée sur les abeilles.Félix Tourangin qui fut quelques années propriétaire de La Prée sous le règne de Louis-Philippe appartient à une famille dont on retrouve à divers endroits la trace dans le Berry. C’est à travers lui et surtout à travers sa fille, Eliza (1809-1889), que George Sand s’inscrit en filigrane dans l’histoire de La Prée. Il l’avait accueillie dans sa maison de Bourges, au début de l’été 1836, au moment de son procès de séparation avec son mari. L’amitié qui naquit ainsi entre George et Eliza allait durer plus de trente ans et les deux femmes échangèrent une correspondance sporadique dont il reste soixante neuf lettres de George Sand s’étalant jusqu’en 1869. Du milieu du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe, La Prée va rester la propriété de la même famille, passant d’Achille à Pierre Depruneaux puis à la fille de celui-ci et après elle à son mari, Maurice de Vauzelles (qui mourra en 1952).On doit à Achille Depruneaux l’aménagement « à l’anglaise » du parc. Cette transformation qui date de 1865 s’inscrit dans un courant, appelé « paysagisme », né à la Restauration et qui caractérise tout le XIXe siècle. Quelques années après Achille Depruneaux fit construire une galerie néogothique adossée à la façade intérieure du corps sud de l’abbaye (galerie démolie à cause de son mauvais état dans les années 1970).Achille Depruneaux mourut en 1899, Pierre Gabriel lui succéda. Ses deux filles avaient épousé des officiers. L’aînée, Marie Céline Gabrielle, mariée à Raoul Thil n’eut qu’un enfant mort en bas âge ; La Prée passa à sa seconde fille, Marie Eugénie Geneviève, puis à la mort de celle-ci, resta la propriété de son mari, Maurice de Vauzelles.On doit à Raoul Thil une monographie publiée en 1929 sous le titre : « Notes sur l’abbaye de La Prée ».  Devenus propriétaires de La Prée, en 1952, à la suite du décès de Maurice de Vauzelles, sa fille et son gendre le Général de Bellefon décidèrent de donner cette propriété à une institution. Ils choisirent, à l’instigation de l’écrivain catholique Gilbert Cesbron, les petits frères des Pauvres, parce qu’ils étaient éblouis par le geste que ceux-ci  venaient de faire en offrant une bague de diamant à un vieux couple d’ouvriers qui célébrait son soixantième anniversaire de mariage.  L’abbaye, remeublée et re-décorée, servit dès l’été 55 pour les vacances des personnes âgées. Dans les années qui suivirent, des travaux importants furent réalisés sous la direction de l’architecte Olivier de Bazelaire. Les ouvertures de la galerie claustrale et de la salle capitulaire qui avaient été bouchées furent dégagées et, grâce à un don important de Monsieur Cannone, les communs - appelé maintenant hôtellerie - fut aménagé pour y recevoir également des personnes âgées. Pendant le quart de siècle qui suivit, La Prée ne fut utilisée que pour les vacances des personnes âgées.A la fin des années 1980, des problèmes importants se posaient du fait de l’état et de la configuration des bâtiments. L’hôtellerie fit l’objet en 1991 d’une réhabilitation totale sous la direction de l’architecte Christian Prédovic et elle a pu être réutilisée dès l’automne de cette année là. Elle est maintenant ouverte en hiver (novembre – mars) aux personnes âgées du milieu local vivant habituellement à domicile pour qui cette période de l’année est souvent particulièrement difficile à cause de leur isolement. Le reste de l’année (avril - octobre), elle est utilisée pour recevoir des vieillards en vacances, ce qui demeure une activité essentielle des petits frères des Pauvres. Le bâtiment abbatial est devenu une résidence artistique, également ouverte en 1991, sous la responsabilité de l’association Pour Que l’Esprit Vive. Elle compte sept postes réservés aux disciplines suivantes : 1) peinture, 2) sculpture, 3) architecture, 4) gravure, 5) composition musicale, 6) création artistique dans la photo, le cinéma et l’audiovisuel, 7) littérature. La durée des séjours est de douze mois (éventuellement renouvelable). La musique a pris rapidement une place importante du fait des premiers résidents musiciens : Dominique de Williencourt (violoncelliste et compositeur), Nicolas Bacri (compositeur), Hélène Thiebault (musicologue). A leur initiative ont été créées dès 1994 des Rencontres musicales qui se déroulent chaque année au moment de la Pentecôte. L’Académie des Beaux–Arts apporte depuis 2001 son parrainage à l’association Pour Que l’Esprit Vive.   


 

   Chronologie  XIIe siècle1128 : arrivée des moines en Berry ; ils choisissent leur localisation au bord de l’Arnon et commencent à construire l’abbaye. 1141 : l’église est consacrée par Saint Bernard sous le nom de Notre-Dame de La Prée.Bénéficiant dès le début de rentes et de donations substantielles auxquelles s’ajoute le territoire du couvent de Bois-Dabert qui s’unit à elle, La Prée connaît très tôt une véritable aisance matérielle.  XIIIe siècleParachèvement des constructions. La Prée s’enrichit de nombreuses exploitations (« granges ») et devient « abbaye royale ».   XIVe siècleProspérité matérielle de La Prée malgré les lourds impôts qu’ils doivent verser au Trésor royal à cause de la guerre contre les anglais.  XVe siècleFortification de La Prée (à la fin de la guerre de Cent ans).Instauration du régime de la commende.  XVIe siècleL’abbaye de La Prée engagée du côté des Ligueurs (8e guerre de religion) est cernée par les troupes des Modérés. Refoulés par des troupes venues en renfort de Bourges, les Modérés se retirent dans un bois voisin où le combat tourne à leur désavantage (2 ou 3 août 1589). Le bois sera désormais appelé Bois de Bataille.  XVIIe siècleAprès avoir traversé un affaiblissement matériel aggravé par un incendie (1740), La Prée connaît une nouvelle phase de prospérité matérielle qui durera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Un acte de 1673 organise la répartition des revenus de l’abbaye en 3  XVIIIe siècleMise au goût du jour des bâtiments. Création, en 1769, à La Prée d’un noviciat destiné à former des religieux pour l’ensemble des abbayes cisterciennes du Berry.A la Révolution, les moines quittent La Prée et les bâtiments sont vendus comme biens nationaux.  Parmi les 54 abbés qui ont été à la tête de La Prée entre 1128 et 1790, se distinguent les noms de : - Raoul (1128-1145), fondateur de l’abbaye- Habraham (1201-1202), honoré par l’Eglise comme bienheureux- Le Cardinal René de Prie (1515-1519), évêque de Bayeux puis de Limoges, chargé de missions diplomatiques par le pape Jules II - Louis de Bessey (1548-1560), qui quitta La Prée pour devenir Abbé général de Cîteaux. XIXe siècle La Prée appartient successivement à plusieurs familles bourgeoises : Cagniart, Tourangin, Depruneaux…. Son histoire est marquée :1) pendant la première moitié du siècle :. par la démolition - en 1818 - de l’église et du cloître laissés à l’abandon depuis le départ des moines, . par la construction des bâtiments qui entourent aujourd’hui l’abbaye : grange, hôtellerie, ermitage.2) pendant la seconde moitié :. par l’aménagement, en 1867, « à l’anglaise » du parc, . par la construction, en 1885, dans la cour de l’abbaye, d’une galerie néogothique (démolie depuis).  XXe siècleLa Prée reste jusqu’au milieu du XXe dans la même famille, passant successivement d’Achille Depruneaux (mort en 1899), à Pierre Gabriel Depruneaux et à son épouse, puis, après eux, à leur fille et à leur gendre Maurice de Vauzelles. A la mort de ce dernier (1952), sa fille Eliane et son gendre le Général de Bellefon la donnent à l’association les petits frères des Pauvres (1954). Utilisée depuis au service des personnes âgées, La Prée est également depuis 1991 le siège d’une résidence artistique sous l’égide de l’association Pour Que l’Esprit Vive.   


 

   Bibliographie  CHRISTOLHOMME (Michel) : - La soif de servir, Fayard, Paris 1998. - Lieu d’un projet, Revue Gérontologie N° 120, Paris 2001  DELETANG (Jean Noël), Le temporel de l’abbaye de La Prée du XIIe au XIVe siècle. Revue de l’Académie du Centre 1976 – Mémoire de maîtrise d’histoire. Faculté de lettres et Sciences humaines de Tours. 1973-1974.  SALLE (Eugène), Ségry : son terroir et ses habitants au cours des siècles,  Châteauroux, Imprimerie BADEL, 1959.  THIL (Raoul) : - Les Tumulus de La Prée – Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre - Notes sur l’abbaye de La Prée (Extrait des Mémoires des Antiquaires du Centre), Bourges, Imprimerie André TARDY, 15 rue Joyeuse, 1929.                    

Pièces Jointe:    
 Auteur: Christolhomme, Michel (1) commentaires

Auteur: NeigedvtDate:   28-07-2009 / 19:20

Merci pour ce travail de recherches historiques très intéressant.

 

Pièces Jointe:    
 

Ajouter un commentaire:
Nom / Pseudo (*):
E-mail (*):
* : Champ obligatoire.
 
Partagez vos documents:
Fichier1:
Fichier2:
Fichier3:
Fichier4:
Captcha
Veuillez recopier le code de sécurité indiqué ci-dessus


Association FRANCE-MEMOIRES (loi 1901)
69 boulevard de Magenta - 75010 Paris
Tél. : 01 55 25 22 24 - Fax : 01 42 36 50 73
Email : contact@france-memoires.com

 

 

creation site internet paris